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Une Europe sans nucléaire : moins d’effet de serre, plus d’emplois, une économie prospère !


Le nucléaire, un véritable gouffre financier

Construire un réacteur exige de lourds investissements, qui ne peuvent être amortis que sur plusieurs décennies, ainsi que d’importantes subventions publiques. Le plan de relance de l’économie américaine lancé par Barack Obama n’alloue pas un seul dollar à l’industrie nucléaire, qui en demandait 50 milliards [1]. Depuis, la plupart des projets nucléaires américains sont gelés.

Entre 2003 et 2008, le coût prévu de l’électricité qui sera produite par le réacteur EPR a augmenté de 84 % [2] ! Les deux EPR en chantier, en Finlande et en France, connaissent de graves malfaçons. De ce fait, l’EPR finlandais accuse 38 mois de retard et un surcoût de 2,4 milliards d’euros à la charge de la France [3]. L’EPR français, lui, est déjà en retard de près d’un an, et son coût est passé de 3,3 à 4 milliards d’euros [4]. Ce n’est qu’un début...

Les énergies renouvelables, championnes contre la crise !

En quelques mois de crise économique, les actions d’EDF et d’Areva ont perdu respectivement 70 % et 60 % de leur valeur [5]. Les énergies renouvelables, elles, se portent bien : en 2008, le marché français du solaire thermique a crû de 20 % [6], tandis que la puissance éolienne installée a progressé de 37 % [7] !

Ayant décidé en 2000 de sortir du nucléaire, l’Allemagne a créé 350 000 emplois dans les énergies renouvelables [8]. Le puissant syndicat allemand IG Metall décrit aujourd’hui le nucléaire comme "une technologie vieillissante et arriérée" [9]. En France, les énergies renouvelables ont créé 51 000 emplois en 2007 [10], malgré un soutien politique et financier très timoré. A investissement égal, les économies d’énergie et les énergies renouvelables créent 15 fois plus d’emplois que le nucléaire [11] !

Les déchets nucléaires, un casse-tête irrésolu...

Certains déchets produits par les réacteurs nucléaires sont dangereux pendant des centaines de milliers d’années [12]. Fin 2008, un énorme scandale national a éclaté en Allemagne : 12 000 litres d’eau pénètrent chaque jour dans le site d’enfouissement de déchets radioactifs d’Asse II, prétendument étanche [13]. Les nappes phréatiques pourraient être gravement contaminées. Par ailleurs, des millions de téléspectateurs ont appris, en février 2009, sur "France 3", que les déchets radioactifs issus des mines d’uranium françaises ont été abandonnés voire disséminés dans notre environnement, au mépris des normes de sécurité les plus basiques !

Il n’existe aucune solution réelle aux graves problèmes que posent ces déchets. Souhaitons-nous condamner nos descendants à vivre dans un monde contaminé par la radioactivité ?

Le nucléaire entrave la lutte contre le dérèglement climatique

Il est nécessaire de réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre de 50 % d’ici à 2050. L’Agence Internationale de l’Energie démontre qu’un investissement d’au moins 1 000 milliards d’euros dans le nucléaire n’aboutirait qu’à une réduction de 6 %... contre 54 % et 21 % respectivement pour les économies d’énergie et les énergies renouvelables, à un coût bien inférieur [14] !

Mais le nucléaire monopolise les 2/3 des fonds de recherche européens et français sur l’énergie [15], entravant ainsi le développement rapide et massif des vraies solutions contre le dérèglement climatique. En 1997, le Protocole de Kyoto a exclu à juste titre le nucléaire des "mécanismes de développement propre".

L’indépendance énergétique grâce au nucléaire ?

On entend souvent que "le nucléaire garantit notre indépendance énergétique". En réalité, pétrole, gaz et charbon (des combustibles fossiles, importés en totalité) assurent plus de 70 % de la consommation énergétique française [16]. Notre consommation de pétrole par habitant est en outre notablement supérieure à celle de nos voisins européens !

Pire, le parc électro-nucléaire français est largement surdimensionné, alors même que le nucléaire est inapte à répondre aux pics de consommation. De ce fait, la France est à la fois contrainte de vendre de l’électricité à très bas prix, et d’en acheter au prix fort en grande quantité. De plus, l’uranium utilisé dans les réacteurs nucléaires français est importé en totalité. Au final, le taux réel d’indépendance énergétique de la France était d’à peine 8,5 % en 2007 [17]…

Le nucléaire, on sait comment s’en passer !

L’électricité nucléaire représente à peine 2,4 % de l’énergie consommée sur la planète [18], une proportion appelée à décroître encore. La sortie du nucléaire n’est qu’une question de volonté politique, et plusieurs Etats et régions l’ont mise en œuvre, notamment en Europe. De nombreuses études [19] ont démontré que les alternatives énergétiques déjà disponibles permettraient à la France de se passer totalement de l’électricité nucléaire... et de lutter efficacement contre le dérèglement climatique !

Notes

[1] Associated Press, « Plan de relance : les gagnants et les perdants », 13/02/09

[2] Global Chance, « Nucléaire, la grande illusion », 2008, p.73 ; Les Echos, « Nucléaire : EDF relève de près de 20 % la facture de son EPR », 03/12/08

[3] Reuters, « Areva pénalisé en 2008 par l’OL3, les financements 2009 assurés », 25/02/09

[4] Les Echos, « Nucléaire : EDF relève de près de 20 % la facture de son EPR », 03/12/08

[5] site www.boursier.com

[6] AFP, « Solaire thermique : +20% en 2008 en France », 10/03/09

[7] France Energie Eolienne, "L’énergie éolienne en France : chiffres clés (au 1er janvier 2009)", http://fee.asso.fr/content/download...

[8] Novethic.fr, « Allemagne : difficile conciliation de l’énergie et de l’économie », 2004

[9] AFP, « Vives protestations en Allemagne contre un convoi de déchets radioactifs », 09/11/08

[10] Envirojob.fr, « Energies renouvelables en France : plus de 51 000 emplois directs ont été créés », 23/02/09

[11] Les 7 Vents du Cotentin, « Un courant alternatif pour le Grand Ouest – Quelles alternatives au réacteur EPR ? », 2006

[12] Réseau "Sortir du nucléaire", « Déchets nucléaires, le casse-tête », 2008

[13] Le Monde, « La polémique sur le stockage des déchets nucléaires rebondit en Allemagne », 23/09/08

[14] AIE, rapport « Energy technology perspectives 2008, scenarios and strategies to 2050 », 2008, cité in Global Chance, « Nucléaire, la grande illusion », 2008, p.17

[15] Données synthétisées par le Réseau "Sortir du nucléaire" à partir de plusieurs sources, dont les principales sont :

  • Greenpace, rapport « Invest in a Clean Energy Future », 2005, notamment p.10
  • Groupe des Verts au Parlement européen, « Future Nuclear and Energy Research under the FP7s », 2006
  • Les textes réglementaires des Programmes-Cadres de la recherche européenne, consultables sur le Journal officiel de l’Union européenne : http://eur-lex.europa.eu/fr/index.htm

[16] Global Chance, « Nucléaire, la grande illusion », 2008, p.66 ; Groupe des Verts au Parlement Européen, Schneider Mycle, « Le nucléaire en France - Au-delà du mythe », Résumé, 2008, p.6

[17] Groupe des Verts au Parlement Européen, Schneider Mycle, « Le nucléaire en France - Au-delà du mythe », Résumé, 2008, p.8

[18] Global Chance, « Nucléaire, la grande illusion », 2008, p.10

[19] Virage Energie Nord-Pas de Calais, « Energies d’avenir en Nord-Pas de Calais – Quelles solutions au dérèglement climatique ? », 2008 ; Réseau "Sortir du nucléaire", « Nucléaire : comment en sortir ? Etude sur des sorties du nucléaire en 5 ou 10 ans », 2007 ; Les 7 Vents du Cotentin, « Un courant alternatif pour le Grand Ouest – Quelles alternatives au réacteur EPR ? », 2006 ; Négawatt, 2006 ; …


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