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Europe Ecologie

Réponses envoyées par Daniel Cohn-Bendit pour l’ensemble des listes.


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Enjeux européens

Question 1/17 Quelle expression vous semble le plus appropriée pour qualifier le nucléaire ?

  • "Énergie sale et dangereuse". Complètement inefficace en plus d’être cher et dangereux. Le nucléaire n’assure que 2% des besoins d’énergie dans le monde aujourd’hui.

Question 2/17 Pour lutter contre l’effet de serre, le nucléaire vous semble :

  • Autre : Complètement inefficace en plus d’être cher et dangereux. Le nucléaire n’assure que 2% des besoins d’énergie dans le monde aujourd’hui.

Question 3/17 Selon vous, les fonds européens pour la recherche et le développement dans le domaine de l’énergie devraient aller d’abord vers :

  • 1-La maîtrise de l’énergie,
  • 2-Les énergies renouvelables,
  • 3-La sûreté nucléaire,
  • 4-Le démantèlement des installations nucléaires,
  • 5-L’enfouissement des déchets radioactifs,
  • 6-Les réacteurs dits de 4ème génération,
  • 7-La fusion nucléaire.

Question 4/17 Quelle est votre opinion par rapport aux principes exprimés dans la Convention d’Aarhus (accès à l’information, participation des citoyens, transparence) et à leur application au nucléaire ?

  • Il est nécessaire de mieux mettre en œuvre la Convention d’Aarhus, afin de parvenir à une meilleure acceptation sociale du nucléaire.

Question 5/17 Quelle est votre opinion sur les niveaux de sûreté nucléaire en Europe ?

  • Ils doivent être améliorés et harmonisés sur la base des pratiques les plus exigeantes en vigueur.

Les niveaux de sûreté doivent être harmonisés et surtout tirés vers le haut en permanence.

Question 6/17 Le traité de Maastricht prévoit, à terme, la création d’une défense européenne ; quelle serait votre opinion vis-à-vis d’une politique de défense européenne incluant le nucléaire ?

  • Autre : Une Europe plus juste, c’est aussi une Europe prenant sa part de responsabilité dans la crise globale actuelle. L’Union Européenne est devenue une zone et une force de paix depuis 64 ans. C’est un acquis formidable. Face aux nouvelles menaces que les crises véhiculent, l’Europe doit maintenant redonner du sens à son action dans le monde. Il est impossible d’assurer la paix dans le monde si la majorité de l’humanité continue à souffrir de la misère, de la faim et de la destruction des écosystèmes. Outre la création d’une politique étrangère et de sécurité commune qui ne passe en aucun cas par l’adhésion à une OTAN dépassée sous commandement américain, correspondant à l’époque de la guerre froide, nous proposons la construction d’une force de défense européenne militaire comprenant un service civil. Nous demandons le démantèlement des bases antimissiles des Etats Unis sur le territoire de l’Union européenne et la fermeture des bases du système d’espionnage électronique Echelon. L’Union Européenne doit devenir une zone dénucléarisée et prendre une part active dans la lutte pour le désarmement et la non prolifération des armes nucléaires, biochimiques et bactériologiques. Elle doit se construire comme une puissance de paix prônant la prévention et la résolution négociée des conflits, à commencer par le Proche et Moyen Orient. Elle doit aussi et surtout mettre en œuvre des politiques qui rompent avec l’apartheid planétaire de la répartition des richesses et qui s’attaquent à l’insoutenable logique inégalitaire du monde.

Question 7/17 Quelle est votre opinion par rapport au traité Euratom, dont le but est de promouvoir le nucléaire ?

  • Il est illégitime et devrait être abrogé.

Question 8/17 Pour vous, une Europe sans nucléaire serait un objectif :

  • Indispensable pour la sauvegarde de notre planète, et réalisable s’il se trouve une volonté politique suffisante.

Question 9/17 Que penseriez-vous d’une harmonisation européenne des prix de l’énergie sur la base des coûts fiscaux, sociaux et environnementaux ?

La priorité affichée de réduire la consommation d’énergie afin de limiter le réchauffement climatique ne dispose pas de moyens à la hauteur de son ambition. Avec l’instauration d’une Contribution climat-énergie européenne, nous proposons de combler cet écart entre les mots - le "plus grand défi planétaire du siècle" - et les actes. Il s’agit d’établir une taxe fiscale européenne sur la consommation d’énergie, qui donne un prix à la contrainte énergétique et climatique, et de l’appliquer à la consommation de combustibles fossiles - pétrole, gaz naturel, charbon - et d’électricité d’origine non renouvelable. Elle sera destinée à tous les acteurs économiques - entreprises, administrations, collectivités territoriales et ménages, afin d’encourager les changements de comportement et de favoriser les investissement sobres en énergie. Cette taxe se traduira par un renchérissement régulier et programmé du prix de l’énergie non renouvelable afin d’agir sur la demande, de favoriser la sobriété en incitant et en accompagnant la baisse des consommations. Son produit sera affecté au financement des nouvelles politiques énergétiques. Son impact sera compensé pour les ménages et entreprises les plus fragiles.

Question 10/17 Estimez-vous, d’une manière générale, que le fonctionnement de l’Union européenne est démocratique ? Si non, que proposeriez-vous pour remédier au déficit démocratique ?

L’Union européenne, cinquante ans après la constitution du Marché Commun, doit franchir un nouveau cap, celui d’une co-souveraineté partagée entre peuples, Etats et citoyens. Nous devons sortir de la logique intergouvernementale qui n’a abouti qu’à exclure les citoyens de la construction européenne sans les protéger de la logique du capitalisme financier. Il faut maintenant construire un espace public européen qui permette de transcender les intérêts nationaux. Pour relancer le rêve européen, nous avons besoin d’un nouveau pacte démocratique entre l’Europe et ses citoyens. Nous proposons d’ouvrir le débat sur un processus constituant. Plusieurs pistes sont possibles : soit les autorités européennes organisent l’élection d’une Convention constituante, soit le Parlement, à son initiative, s’autosaisit de la question. Il s’agit de rédiger une Constitution pour l’Union européenne énonçant les valeurs communes, fixant les principes d’action et les droits fondamentaux, établissant la répartition des compétences entre l’Union et les Etats, le législatif et l’exécutif, et construisant un nouveau système institutionnel démocratique. La Constitution doit surtout donner un véritable contenu à la notion de citoyenneté européenne, qui n’est pour le moment qu’une coquille vide. Elle ne doit pas être un Traité reprenant les traités antérieurs et détaillant les politiques communes menées jusqu’ici. Il faut un texte court et intelligible pour le plus grand nombre, qui explique la nature et les rapports des différentes institutions européennes. La Constitution devra être validée par une majorité européenne et non par des majorités nationales. Elle sera votée sur la base d’un référendum paneuropéen, le même jour, dans toute l’Union européenne, avec un résultat à la majorité qualifiée, par exemple 65% des Etats et 50% de la population. Quant aux Etats membres qui auraient refusé le texte, ils se verront proposer l’alternative de continuer l’aventure commune ou de sortir de l’UE. Renouveler les pratiques démocratiques dans l’Union européenne La démocratie ne se réduit pas à la Constitution et aux Institutions. C’est pourquoi nous avons besoin de quatre nouveaux instruments de démocratisation et de transparence :

1 - « Consultations citoyennes d’intérêt général ». Organisées simultanément dans toute l’Union européenne, elles concerneraient une ou plusieurs questions identiques, simples et concrètes, liées aux domaines fondamentaux et aux réformes qui engagent l’avenir de l’Union européenne.

2 - Un « lobbying Act ». Les firmes transnationales veulent se servir de l’Union européenne comme d’un levier pour imposer leurs politiques. Elles entretiennent une armée de lobbyistes qui agissent dans la plus parfaite opacité pour influencer les décisions de la Commission, du Conseil et du Parlement européen. Pour en finir avec ces pratiques, nous proposons un « lobbying act » européen instaurant une réglementation stricte dont la transparence soit la règle.

3 - Une « Commission Informatique et libertés européenne ». Elle sera chargée de garantir les libertés civiques et individuelles et de lutter contre la surveillance et l’enregistrement des données mettant en danger les libertés publiques fondamentales.

4 - Une « transnationalité électorale ». Il s’agit de changer le mode d’élection du Parlement européen. Sans abandonner les listes nationales élues à la proportionnelle, nous proposons qu’à partir de 2014 un tiers des députés du Parlement européen soit élu sur la base de listes transnationales, dont les têtes de listes correspondraient aux candidats des partis européens à la présidence de la Commission. On garderait ainsi un ancrage territorial clair tout en déployant la campagne à l’échelle de l’Union tout entière.

Enjeux nationaux à répercussions européennes

Question 11/17 Quelle est votre opinion par rapport au rôle de la France dans la relance du nucléaire dans le monde par la vente de réacteurs à l’étranger (plusieurs réponses possibles) ?

  • Vous êtes scandalisé par l’action de la France comme promoteur international du nucléaire.

Question 12/17 Que représente pour vous l’annonce d’un nouvel EPR ?

  • Un gouffre financier, dont les coûts auraient pu créer beaucoup plus d’emplois s’ils avaient été affectés à la maîtrise de l’énergie et au développement des énergies renouvelables.
  • Une décision incompatible avec l’objectif de 23 % d’énergies renouvelables dans la consommation d’énergie finale en France et l’impératif d’économiser l’énergie.
  • Une production de nouveaux déchets nucléaires.

Question 13/17 Quelle est votre opinion par rapport à la Convention pour la protection du milieu marin de l’Atlantique Nord-Est (dite « OSPAR ») ?

  • Vous estimez que la France devrait arrêter au plus vite les installations à l’origine de la pollution maritime, et notamment l’usine de retraitement-extraction de plutonium de La Hague.

Question 14/17 Quelle serait votre préconisation par rapport à la politique nucléaire de la France dans les décennies à venir ?

  • Mettre en oeuvre la sortie du nucléaire dans les meilleurs délais.

Question 15/17 Quelle serait votre préconisation par rapport à la gestion des déchets nucléaires ?

  • Continuer les recherches et conserver les déchets en surface sur les sites.

Question 16/17 La France exporte une grande partie de l’électricité qu’elle produit, mais doit supporter les coûts du démantèlement des installations et de la gestion des déchets ; quelles réflexions cela vous inspire-t-il ?

La France exporte effectivement beaucoup d’électricité depuis les années 90, mais le bilan avec les importations se réduit puisqu’elle importe de plus en plus en hiver pour répondre à la demande générée par le chauffage électrique. Cette politique historique française est une aberration tant économique (les exportations se font globalement à perte), qu’énergétique et environnementale. Lorsque Nicolas Sarkozy veut un nouvel EPR à Penly pour exporter, il commet une erreur historique grave. Nous combattrons ce projet comme tous les autres.

Question 17/17 Soutiendriez-vous la création d’un organisme indépendant chargé d’évaluer les coûts du démantèlement des installations, ainsi que celle d’un fonds ad hoc indépendant pour recevoir les sommes nécessaires ?

Les députés du groupe Verts au Parlement Européen ont toujours agi en ce sens, notamment à l’occasion des discussions sur la libéralisation du marché électrique. Nous sommes bien évidemment favorable à une analyse sérieuse des coûts. La notion d’indépendance a été largement galvaudée, notamment en France, avec la création de l’ASN. Nous préférons parler d’expertise pluraliste. Concernant le fonds, il existe des études comparant les différentes options. Les fonds dédiés doivent être absolument placés dans un fonds indépendant des opérateurs et sûr mais il est impératif que les opérateurs ne soient pas dédouannés de leurs responsabilités.


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