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Pourquoi ne pas remplacer toutes les centrales électriques fonctionnant au charbon, au pétrole, ou au gaz par des réacteurs nucléaires, pour produire moins de CO2 ?

La production mondiale actuelle d’électricité est d’environ 18 235 TWh. Si on voulait l’assurer uniquement par du nucléaire, il faudrait immédiatement construire quelque 1 500 réacteurs, un peu partout dans le monde… Or c’est tout simplement impossible : les ressources financières, industrielles et matérielles de la planète n’y suffiraient pas ! De plus, le rapport 2007 du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) montre que les économies d’énergie et le développement des énergies renouvelables permettent de réduire les émissions de CO2 beaucoup plus efficacement que le nucléaire, à moindre coût et plus rapidement !


Un exercice très intéressant de « construction maximale technique » a été réalisé par un économiste du Commissariat à l’Energie Atomique et un scientifique critique : le scénario « SUNBURN ». Celui-ci essaie de déterminer quel serait le maximum possible de réacteurs que le monde peut absorber à l’horizon 2030, indépendamment des contraintes financières ou d’opinion. Seules la taille des réseaux et la demande d’électricité sont prises en considération. Ce scénario « sans contraintes » réclame un investissement de 780 milliards d’euros, ce qui supposerait de consacrer au nucléaire l’équivalent du tiers de l’aide publique mondiale au développement et bloquerait de fait les alternatives. De plus, cela épuiserait les réserves d’uranium naturel et obligerait à passer à des filières basées sur le plutonium. Mais surtout, cette « construction maximale » du nucléaire dans les deux prochaines décennies n’éviterait au niveau mondial que l’émission cumulée de 23 Gt de CO2 sur vingt ans, soit une moyenne de 1,1 Gt de CO2/an, ce qui est très peu puisque, pour stabiliser le climat, il faudrait réduire nos rejets de 25 à 40 Gt de CO2/an.

En fait, « SUNBURN » envisage plus de la moitié de ses constructions nouvelles dans des pays où l’opinion refuse le nucléaire (Italie, Portugal, Nouvelle-Zélande, Autriche, Espagne, Danemark) et où l’opposition dispose des moyens juridiques et politiques pour bloquer les constructions. D’autres pays envisagent le nucléaire de façon limitée ou sont de facto en train de diminuer sensiblement leur part de nucléaire (Etats-Unis, Canada). Même les pays réputés plus favorables au nucléaire (France, Japon) n’ont plus les moyens régaliens d’imposer le nucléaire débridé des années 70.

Enfin, les populations ne veulent pas de cette énergie et de ces dangers. Ainsi en France, seuls 19 % des citoyens « souhaitent maintenir le nucléaire comme source principale d’énergie », 78 % estimant « qu’il faut en priorité développer les énergies renouvelables » et seuls 3 % sont indécis (Sondage Louis Harris/20 Minutes/ RMC, 16 février 2007. Précisons que contrairement à ce que suggère la question posée, le nucléaire n’est pas la première source d’énergie en France, seulement la première source d’électricité).


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