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Alors pourquoi ne pas utiliser le nucléaire en combinaison avec d’autres options énergétiques afin de lutter contre le dérèglement climatique ?

Parce que le nucléaire ne peut pas être considéré comme une “option” : investir dans son utilisation signifie accaparer d’énormes moyens financiers et humains dont seront forcément privées les alternatives possibles. En jargon d’économiste, c’est l’« effet d’éviction ». Cela concerne la recherche, le financement par les banques et les institutions internationales, de même que les dépenses des compagnies électriques. Ce déséquilibre va toujours dans le sens d’une « sanctuarisation » de la dépense nucléaire, tandis que les budgets des économies d’énergie varient en permanence, souvent à la baisse.


Selon Amory Lovins, auteur du célèbre « Facteur 4 », « le slogan “nous avons besoin de toutes les options” n’a pas de base analytique et est faux ; nous ne pouvons nous permettre toutes les options ». Car, en pratique, relancer le nucléaire signifie détourner les investissements publics et privés des options les moins chères (sobriété et efficacité énergétique, développement des énergies renouvelables) vers l’option nucléaire. De plus, certains choix en excluent d’autres. Ainsi le nucléaire n’est pas compatible avec une décentralisation des productions. Pour prendre une analogie, si vous allez au restaurant et que vous commencez par les plats les plus chers de la carte, vous avez peu de chance de nourrir toute la famille.

Ainsi en France, le nucléaire dit de « quatrième génération » et la fusion nucléaire absorbent à eux seuls environ 70 % des moyens publics alloués à la recherche sur l’énergie, et ce depuis des décennies. Pourtant, le doute est immense concernant la fiabilité des procédés et le résultat final : des déchets radioactifs, des produits très dangereux, qui faciliteraient la production d’armes nucléaires, seraient manipulés et transportés (plutonium dans un cas, tritium dans l’autre). Cette très large ponction financière au profit du nucléaire constitue une entrave au développement des énergies renouvelables, ce que confirme l’analyse du graphique ci-dessous, qui place la France parmi les pays les plus mal classés.

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Enfin, les technologies alternatives (solaire, éolien, biomasse, géothermie, etc.) rendent le nucléaire superflu : associées aux économies d’énergie, elles sont déjà assez performantes pour le remplacer.


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